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	<title>Bulles de Savants</title>
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	<description>Réflexions scientifiques sur le monde, ses habitants et leurs systèmes</description>
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		<title>Le point sur la pollution de l&#8217;air</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Mar 2012 23:10:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bulles de Savants</dc:creator>
				<category><![CDATA[Revue de presse]]></category>

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		<description><![CDATA[<img align="left" src="http://www.bulles-de-savants.com/illustrations/icones/journal-ico.png" width="32" height="32" alt="" title="Revue de presse" /><br/>Se chauffer au bois, c'est bien car son bilan carbone est nul. Mais cela présente tout de même un inconvénient majeur : celui de polluer l'air de microparticules toxiques.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img align="left" src="http://www.bulles-de-savants.com/illustrations/icones/journal-ico.png" width="32" height="32" alt="" title="Revue de presse" /><br/><p>Se chauffer au bois, c&#8217;est bien car son bilan carbone est nul. A l&#8217;heure où il fait toujours froid en hiver, et que le débat sur chauffage électrique au charbon ou au nucléaire fait rage comme tous les ans, le chauffage au bois a tout de même un inconvénient majeur : celui de polluer l&#8217;air de microparticules toxiques. Mais ce n&#8217;est pas la seule source de pollution&#8230; Focus à découvrir. <a href="http://owni.fr/2012/02/28/un-air-de-particules/" target=_blank>Lire l&#8217;article complet sur Owni</a></p>
<blockquote><h3>Un air de particules</h3>
<p>Le fond de l&#8217;air est frais&#8230; et sévèrement pollué. Pour contrer la pollution de l&#8217;air par les particules fines, officiellement toxiques et cancérigènes, le ministère de l&#8217;Écologie vient d&#8217;obtenir la publication de deux décrets pour protéger les huit villes de France les plus polluées. Mais rien ne sera mis en œuvre avant le premier semestre 2013. D&#8217;ici là : inspirez, expirez.</p>
<p>La semaine dernière, le 24 février, deux décrets visant à lutter contre la pollution atmosphérique sont rentrés en vigueur, pour permettre la mise en place des Zones d’actions prioritaires pour l’air (Zapa). L’objectif est de faire diminuer le taux de polluants émis par les pots d’échappement dans et autour des agglomérations les plus exposées.</p>
<p>C’est-à-dire : Paris, Saint-Denis, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Lyon, Grenoble, Nice et Aix-en-Provence [...] <a href="http://owni.fr/2012/02/28/un-air-de-particules/" target=_blank>Lire la suite de l&#8217;article complet sur Owni</a></p></blockquote>
<p>(<a href="http://www.flickr.com/photos/scutter/72643299/">Source de l&#8217;image</a>)</p>
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		<title>L’agriculture biologique pour faire face à la crise agricole</title>
		<link>http://www.bulles-de-savants.com/bullosphere/ecobulle/l%e2%80%99agriculture-biologique-pour-faire-face-a-la-crise-agricole</link>
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		<pubDate>Sun, 11 Mar 2012 14:54:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Professeur Pao</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecologie]]></category>

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		<description><![CDATA[<img align="left" src="http://www.bulles-de-savants.com/illustrations/icones/elephant-ico.png" width="32" height="32" alt="" title="Ecologie" /><br/>L'idéal productiviste de l'agriculture conventionnelle a entraîné de nombreuses et graves dérives sur le plan environnemental, sanitaire et économique. Le modèle de l'agriculture biologique qui s'est érigé comme alternative est-il en mesure de corriger le tir ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img align="left" src="http://www.bulles-de-savants.com/illustrations/icones/elephant-ico.png" width="32" height="32" alt="" title="Ecologie" /><br/><p>Le concept d’agriculture biologique est né en opposition au mode d’agriculture aujourd’hui appelé conventionnel qui prit son essor après la 2ème Guerre mondiale. Au lendemain de la guerre, l’agriculture française connaissait des déficits structurels et n&#8217;était pas en mesure de nourrir une population en forte augmentation. L’idée que l’agriculture devait trouver son salut dans le progrès technique gagna les élites politiques et plusieurs mesures destinées à accroître le potentiel agricole de la France furent instaurées dont la création en 1946 de l’Institut National de la Recherche Agronomique ou INRA, afin de soutenir la recherche et le développement dans le domaine agricole. Puis, à partir de 1962, l&#8217;introduction de la Politique Agricole Commune vouée à l&#8217;augmentation des rendements agricoles, détermina l&#8217;orientation vers un mode d&#8217;agriculture productiviste en Europe. La mécanisation des exploitations agricoles s’intensifia, le recours massif aux pesticides et aux engrais se généralisa, la sélection variétale et l&#8217;usage de variétés hybrides se développèrent. L’agriculture connut des rendements sans précédent mais à un coût environnemental et sanitaire tel, que la philosophie productiviste qui avait prévalu fut remise en question.</p>
<h2>Le coût environnemental de l’agriculture conventionnelle</h2>
<p>Le coût environnemental de l’agriculture conventionnelle est lourd. L&#8217;utilisation massive d&#8217;intrants chimiques contribue à la pollution de l’air, de l’eau et des sols, aux émissions de gaz à effet de serre et au déclin de la biodiversité. Une des causes est la diffusion de pesticides lors de l&#8217;épandage car les cultures ne captent qu&#8217;une partie des quantités administrées. Ces pertes varient entre 10 et 40% des doses utilisées selon les conditions climatiques, la technique d&#8217;épandage mise en œuvre ou le niveau d&#8217;avancement des cultures. Une partie de ces produits chimiques se volatilisent dans l&#8217;air dont une fraction retombe au sol &#8211; soit directement soit en étant entrainée par les pluies avant de se répandre dans les nappes phréatiques par lessivage. Les pesticides se disséminent ainsi dans l&#8217;environnement et contaminent l&#8217;air et les cours d&#8217;eau sans que l&#8217;on ne soit en mesure de maitriser cette propagation. Des pesticides ont ainsi été retrouvés à plusieurs milliers de kilomètres des usines de production, jusqu’au Pôle Nord. Ce qui est inquiétant, c&#8217;est que les molécules actives présentes dans les pesticides sont de plus en plus efficaces mais elles sont d’autant plus susceptibles d&#8217;avoir un impact sur l&#8217;environnement, même à très faible dose.</p>
<p>A la contamination par les pesticides, il faut ajouter la contamination par les nitrates contenus dans les engrais. Tout comme les pesticides, l&#8217;excès de nitrates se disperse dans l&#8217;environnement. Une partie regagne aussi les cours d&#8217;eau par lessivage et est responsable de l&#8217;eutrophisation des milieux aquatiques, entraînant une forte réduction de la biodiversité qui meure asphyxiée. Une autre partie des nitrates qui ne sont pas assimilés par la plante nourrissent la matière organique (organismes vivants, résidus de végétaux et d’animaux, produits en décomposition) du sol. Cette matière organique fortement azotée sert de source de respiration alternative par des bactéries capables d’extraire l’oxygène du nitrate. On appelle ce processus la dénitrification : l&#8217;ion nitrate (NO3-) est successivement réduit en ion nitrite (NO2-), puis en monoxyde d&#8217;azote (NO), puis en oxyde nitreux (N2O) et enfin en diazote  (N2) qui rejoint l&#8217;atmosphère. Mais le processus de dénitrification peut s&#8217;arrêter avant la production de diazote, au stade du  N2O, si les bactéries ont assez d&#8217;oxygène. Or le N2O est un puissant gaz à effet de serre, le quatrième en importance après la vapeur d’eau, le CO2 et le méthane. Son pouvoir de réchauffement est 300 fois plus important que le CO2. Cette dénitrification peut se produire plusieurs dizaines d&#8217;années après l&#8217;épandage d&#8217;engrais. L&#8217;effet des nitrates est donc diffus dans le temps. On estime ainsi que les engrais contribuent à hauteur de 2,48% dans le monde et 8,5% en France aux émissions de gaz à effet de serre.</p>
<p>La pollution des eaux par les engrais et pesticides représente un coût. La Cour des comptes constate que, contrairement à des pays comme le Danemark ou des régions comme la Bavière qui ont réussi à réduire de 30% leurs consommation d&#8217;azote et de pesticides grâce à des écotaxes et des mesures préventives de responsabilisation de leurs agriculteurs, la France a privilégié des mesures curatives de traitement des eaux. La Cour des comptes estime entre 640 et 1140 millions d&#8217;euros les dépenses supplémentaires de traitement de l&#8217;eau pour accéder à une eau potable dues à la pollution agricole, surcoût bien évidemment à la charge des ménages. Les dégâts causés par l’agriculture conventionnelle représentent ainsi 6,6 à 11,8% de la facture d&#8217;eau globale des ménages.</p>
<blockquote><h3>La qualité de l&#8217;eau en France</h3>
<p>La France est le 1er utilisateur de pesticides et d&#8217;engrais en Europe et le 3ème au monde. 88,7% des contaminations azotées des ressources et milieux aquatiques et marins proviennent de l&#8217;agriculture et de l&#8217;élevage.  En 2008, le Service de l&#8217;Observation et des statistiques dressait un état des lieux de la qualité de l&#8217;eau en France :</p>
<ul>
<li>17% des stations de surface et 4% des stations souterraines mesuraient une concentration en pesticides nécessitant un traitement.</li>
<li>1% des stations de surface et 0,2% des stations souterraines enregistraient des concentrations telles que tout traitement était impossible.</li>
<li>En 2006, des pesticides ont été détectés sur près de 800 des 1507 points de mesure de la qualité de l&#8217;eau souterraine et 988 des 1097 points de mesure de la qualité de l&#8217;eau de surface, soulignant ainsi la dispersion importante des pesticides.
<li>15% des points de mesure définissent la qualité de l&#8217;eau comme tellement  mauvaise  qu’elle « affecte de manière importante les équilibres écologiques ».</ul>
</blockquote>
<p>Enfin, l&#8217;agriculture intensive génère des externalités négatives qui ne sont pas facilement mesurables de manière physique ou économique. Ces externalités sont essentiellement liées à la réduction de la biodiversité par l&#8217;élimination de certains ravageurs mais aussi du nombre de pollinisateurs dont le rôle est essentiel au sein des écosystèmes (cf <a href="http://www.bulles-de-savants.com/bullosphere/ecobulle/la-biodiversite-en-danger">l&#8217;article sur la biodiversité</a>).</p>
<blockquote><h3>Des pesticides causent des hécatombes d&#8217;abeilles</h3>
<p>Des chercheurs de l&#8217;INRA ont mis en évidence l&#8217;impact de deux pesticides : le <em>Gaucho</em>® commercialisé par la société Bayer et le <em>Régent Ts</em>® commercialisé par la société BASF, sur la disparition massive d&#8217;abeilles en Europe et en Amérique du Nord. Les abeilles atteintes d&#8217;une maladie parasitaire, la nosémose, causée par un champignon présent dans la quasi-totalité des ruches en France, succombaient à des doses de pesticides bien en deçà des seuils définis comme étant mortels.<br />
Ces pesticides, parmi les plus utilisés dans le monde ont finalement été interdits en 2004.</p></blockquote>
<h2>L&#8217;impact des pesticides sur notre santé&#8230;</h2>
<p>Outre les dégradations infligées à l’environnement, les effets soupçonnés ou avérés des pesticides sur notre santé sont préoccupants. Il existe deux modes de contamination par les pesticides : les intoxications aigües et les intoxications chroniques. Les intoxications aigües se produisent généralement lors des utilisations professionnelles par ingestion ou inhalation d&#8217;une très forte dose. Selon une étude de l&#8217;OMS réalisée en 1992, les pesticides seraient ainsi responsables de 3 millions d&#8217;empoisonnements chaque année dans le monde. Malgré le fait que 80% des pesticides soient utilisés dans les pays développés, une proportion plus importante des intoxications survient dans les pays en voie de développement où les agriculteurs, moins bien informés et souvent illettrés, ne respectent pas toutes les préconisations en matière de protection. Les effets des intoxications aigües, notamment le déclenchement de troubles neurologiques, sont relativement bien connus. En revanche il est beaucoup plus difficile d’évaluer les effets des pesticides dans le cas d&#8217;intoxications chroniques caractérisées par l&#8217;absorption régulière de faibles doses sur plusieurs années. Malgré les nombreuses études épidémiologiques réalisées dans le monde, ces effets sont complexes à apprécier parce que les populations sont soumises à une multitude de facteurs environnementaux variables, et les relations de causes à effets entre une exposition aux pesticides et certaines affectations de notre système de santé ne peuvent donc être établies de manière évidente. Néanmoins, les résultats de certaines études et certains phénomènes observés doivent nous alerter sur les risques courus. On retient trois grands effets des pesticides sur notre organisme : l&#8217;effet cancérigène, encore mal connu, l&#8217;effet perturbateur du système endocrinien et l&#8217;effet neurodégénératif.</p>
<p>L&#8217;effet de perturbateur endocrinien est le plus communément admis parmi la communauté scientifique. En effet, certains pesticides sont dotés de propriétés hormono-mimétiques, c&#8217;est à dire qu&#8217;elles sont capables d&#8217;imiter des hormones naturelles et donc d&#8217;interférer avec les processus métaboliques de l&#8217;organisme. Citons le dichlorodiphényltrichloroéthane, ou DDT, qui est un imitateur hormonal, c&#8217;est à dire qu&#8217;il va pouvoir se fixer dans les récepteurs chimique d’une cellule et engendrer l&#8217;expression du gène correspondant. A l’inverse, la vinclozolin et les pyréthrynoïdes sont des inhibiteurs hormonaux, c&#8217;est-à-dire qu&#8217;ils accaparent les récepteurs et empêchent les hormones naturelles de s&#8217;y fixer et de transmettre leur message à la cellule. Ces effets sont d&#8217;autant plus graves qu&#8217;ils affectent le fœtus ou l&#8217;embryon et sont susceptibles de provoquer des malformations génitales, des avortements, des retards de croissance intra-utérins, la prématurité, une mortalité intra-utérine plus élevée et des fausses couches.</p>
<blockquote><h3>L&#8217;effet des pesticides sur la fertilité</h3>
<p>Dans les années 1990 en Floride, suite à la contamination par des insecticides organochlorés du lac Apopka, on a  retrouvé, un produit de dégradation du DDT, le dichlorodiphényldichloroéthylène ou DDE. Les alligators de ce lac présentaient de graves malformations et notamment un micropénis qui handicapaient leurs fonctions reproductives. Chez l&#8217;homme, les effets des pesticides sur la fertilité ont été reconnus avec l&#8217;affaire du chlordécone utilisé pour traiter les plantations de bananes en Martinique et en Guadeloupe et l&#8217;affaire du dibromochloropropane (DBCP), employé dans les plantations de bananes aux Caraïbes, en Amérique centrale et en Asie du Sud-Est. Des dizaines de milliers d&#8217;agriculteurs ayant été en contact avec ces insecticides souffrent aujourd&#8217;hui d&#8217;infertilité. Par ailleurs, d&#8217;autres études ont montré que la qualité du sperme d&#8217;individus soumis à aux expositions de certains pesticides dans leur milieu professionnel est inférieure à la qualité normale du sperme requise pour permettre la procréation.</p></blockquote>
<p>Les pesticides seraient également facteurs de maladie neurodégénératives. Une étude épidémiologique réalisée sur une cohorte d&#8217;agriculteurs du Sud-Ouest a soutenu que les pesticides jouaient un rôle dans le développement de la maladie de Parkinson. La cause serait la destruction par les pesticides des neurones dopaminergiques, dont les dysfonctionnements sont des symptômes de Parkinson. Cette étude est soutenue par les résultats observés sur des animaux.</p>
<p>Les modes de contamination passent par plusieurs voies : l&#8217;eau, l&#8217;air et l&#8217;alimentation. Ce qu&#8217;il faut bien comprendre, c&#8217;est que même si les niveaux de contamination enregistrés dans l&#8217;environnement sont faibles et n&#8217;excèdent pas les seuils de détection, les effets peuvent être importants, notamment à cause du phénomène de bioconcentration.  Les pesticides qui ne sont pas dégradés sont intégrés dans la chaîne trophique et s&#8217;accumulent dans les organismes de la chaîne jusqu&#8217;au consommateur final : l&#8217;homme qui va ainsi absorber une grande dose de pesticides, beaucoup plus élevée que les concentrations relevées dans la nature.</p>
<h2>&#8230;et sur la santé des plantes</h2>
<p>Selon Francis Chaboussou, chercheur à l&#8217;INRA, les pesticides fragiliseraient les cultures intensives. Dans son ouvrage « Les plantes malades des pesticides », il nous livre les effets néfastes des pesticides sur la physiologie des plantes. L&#8217;usage de ceux-ci inhiberait certaines fonctions métaboliques impliquant la synthèse de protéines. La plante engorgerait alors des surplus d&#8217;acides aminés et de sucres dans les liquides cellulaires ou circulants. Une relation de symbiose s&#8217;instituerait entre les acariens et les insectes qui se nourrissent de ces surplus. Francis Chaboussou a baptisé ce phénomène la trophobiose. La plante devient ainsi plus vulnérable aux ravageurs de par l&#8217;effet même des pesticides ; elle doit donc être traitée davantage et l&#8217;agriculteur entre dans un cercle vicieux qui implique d&#8217;appliquer toujours plus de produits pour la même efficacité.</p>
<h2>L&#8217;agriculture en crise ?</h2>
<p>Du scandale des aliments à la dioxine TCDD à celui des perches du Nil contaminées aux pesticides, le monde agricole a essuyé une succession de crises. La plus marquante fut la crise de la vache folle qui a profondément bouleversé les consommateurs sur les dérives de l&#8217;agriculture productiviste. Ces crises ont balayé l&#8217;image d&#8217;Epinal de l&#8217;agriculteur « père nourricier » et peu à peu, c&#8217;est une relation de défiance du consommateur à l&#8217;égard de l’agriculture productiviste qui s&#8217;est instaurée. Le rôle obscur des grandes firmes comme Monsanto ou Bayer qui font pression auprès de nos politiques pour promouvoir des produits dont les dangers pour la santé et l&#8217;environnement ne sont pas toujours correctement évalués. Une part croissante de la population se détourne de l&#8217;agriculture conventionnelle pour consommer des produits bios tandis que de plus en plus d&#8217;agriculteurs retournent à un mode de production plus cohérent et plus respectueux des équilibres naturels et du bien être des animaux. Depuis 8 ans l&#8217;agriculture biologique connait un essor ininterrompu. Le nombre d&#8217;exploitations bio en France représentaient fin 2010 4% des exploitations agricoles, soit en hausse de 25% par rapport à 2009 tandis que les achats par le consommateur final progressaient de 10,8%. Le marché français de l&#8217;alimentation bio représentait en 2010 en valeur 2% du marché alimentaire total.</p>
<h2>Vers une agriculture biologique ?</h2>
<p>Parce qu&#8217;elle ne recourt pas aux intrants chimiques, l&#8217;agriculture biologique est sans aucun doute meilleure pour l&#8217;environnement, la santé du consommateur et de l&#8217;agriculteur qui n&#8217;est plus exposé à des composants chimiques dangereux. Les produits estampillés « biologiques » ne comportent pas les risques de l&#8217;agriculture conventionnelle mais qu&#8217;en est-il de leurs qualités nutritionnelles et gustatives ? Les études ont montré que les fruits et légumes cultivés selon les critères de l&#8217;agriculture biologique ont une teneur en métabolites secondaires entre 10 et 50% (en moyenne 33%) supérieure aux fruits et légumes non-bios. Les plantes cultivées selon le mode de l&#8217;agriculture biologique sont en principe davantage soumises à des stress et des ravageurs ; leurs mécanismes de défenses naturelles produisent donc plus d&#8217;antioxydants. L&#8217;agriculture biologique n&#8217;a pourtant pas pour objectif d&#8217;exposer la plante aux ravageurs. Des chercheurs avancent une autre analyse à la présence accrue de polyphénols et d&#8217;antioxydants dans la plante : la plus grande diversité de la faune microbienne des sols en agriculture biologique et ses interactions avec le métabolisme de la plante seraient à l&#8217;origine de davantage de cycles nutritifs ce qui expliquerait donc en partie les plus grandes concentrations en métabolites secondaires. De plus, rappelons que sur le plan gustatif, les métabolites secondaires sont responsables du goût et des couleurs. Une hypothèse de l&#8217;INRA serait que la plus grande concentration en flavonoïdes, qui sont des métabolites secondaires, impliquerait de meilleurs qualités gustatives pour les productions issues de l&#8217;agriculture biologique.</p>
<blockquote><h3>Le rôle des métabolites secondaires</h3>
<p>Les métabolites secondaires sont synthétisés par la plante lorsque celle-ci est soumise à des stress ou des attaques d&#8217;agresseurs. Ils permettent à la plante de réparer les dommages subis et régénérer les tissus des feuilles. Beaucoup de ces métabolites secondaires ont des propriétés antioxydantes. Au cours de notre métabolisme, lorsque l&#8217;organisme convertit les nutriments en énergie, il se forme des éléments instables : les radicaux libres. Ceux-ci possèdent la caractéristique d&#8217;avoir un ou plusieurs électrons non appariés sur leur couche externe. Ces radicaux libres interagissent avec d&#8217;autres molécules, notamment la membrane des cellules, les mitochondries ou l&#8217;ADN et provoquent ainsi des dommages et contribuent au  vieillissement de l&#8217;organisme. Les antioxydants neutralisent l&#8217;action des radicaux libres au cours d&#8217;une réaction d&#8217;oxydoréduction, en provoquant une oxydation, ils se réduisent avec les radicaux libres.</p></blockquote>
<p>De plus, les antioxydants contenus dans les fruits et légumes et leur moindre concentration en eau assurent une meilleure conservation. Les fruits et les légumes sont comme protégés des infections qui interviennent après la récolte et la durée de conservation s&#8217;en trouve accrue. Les risques liés aux mycotoxines sont également diminués.</p>
<p>Enfin les études montrent que le lait issu de l&#8217;agriculture biologique est plus riche en acides gras oméga 3 et en acides linoléiques conjugués qui préviennent les maladies cardio-vasculaires. Cela est du au régime alimentaire riche en fibres des vaches d&#8217;élevage biologique qui sont nourries d&#8217;herbe, de foins et de pré fané tandis que les vaches laitières des élevages conventionnels reçoivent surtout du mais ensilage, très riche en énergie mais pauvre en fibres. Cette nourriture est peu adaptée aux ruminants et les nutriments sont  digérés trop rapidement pour assurer l&#8217;assimilation des oméga 3 et acides linoléiques. C&#8217;est tout l&#8217;inverse qui se produit avec une alimentation riche en fibres. D&#8217;autre part, les laits issus de l&#8217;agriculture conventionnelle comportent de nombreux résidus de médicaments. En agriculture biologique, un cahier des charges strict impose un délai deux fois supérieur à celui de l&#8217;agriculture conventionnelle entre la prise de médicaments et la production de denrées alimentaires en provenance de l&#8217;animal. De plus l&#8217;agriculture biologique privilégie les traitements homéopathiques et à base de plantes et interdit tout traitement préventif, les médicaments ne peuvent être administrés qu&#8217;à des fins curatives.</p>
<h2>L&#8217;agriculture biologique peut-elle nourrir la planète&#8230;<br />
et l&#8217;agriculteur ?</h2>
<p>L&#8217;INRA a conclu que nous pouvons réduire les intrants chimiques sans constater de pertes de rendements. Le passage d&#8217;une agriculture conventionnelle vers une agriculture biologique implique en revanche dans la majeure partie des cas des pertes de rendements qui peuvent être plus ou moins importants selon les espèces et les variétés. A l’échelle mondiale, on estime que ces rendements sont de 10% inférieurs. Plus en détails, en Europe où le mode de production est plus intensif, la différence est de l&#8217;ordre de 20 à 40%. En Australie et aux Etats-Unis, ces différences tournent plutôt aux alentours de 20%. En revanche, dans les pays en voie de développement, les différences de rendements peuvent être nulles, voire en faveur du bio dont le mode de production implique une grande connaissance technique des sols et des cultures qui fait souvent défaut chez les paysans. Aujourd&#8217;hui, nous constatons dans les pays développés que les rendements de l&#8217;agriculture conventionnelle diminuent voire stagnent et ce malgré un usage plus intensif des pesticides. Le dernier rapport de la FAO nous envoie un signal d&#8217;alarme fort sur la pollution des sols, de l&#8217;eau et la perte de la biodiversité. Une part croissante de terres sont ainsi rendues impropres à la culture notamment dans les pays en voie de développement. Selon ce rapport, 25% des terres mondiales sont « dans un état de dégradation extrêmes » Le mode d&#8217;agriculture conventionnelle n&#8217;est pas soutenable car il pollue l&#8217;eau et les terres, et diminue leur disponibilité et leur fertilité. De nombreux rapports ont conclu qu&#8217;il était possible de nourrir la planète avec l&#8217;agriculture biologique et les rendements sont amenés à progresser. Une étude de l&#8217;INRA a montré que dans le cas de beaucoup de cultures, malgré des rendements moindres, les revenus des agriculteurs augmentent ou restent stable grâce à une augmentation de leurs marges. En effet, l&#8217;apport de pesticides et d&#8217;engrais consomme de l&#8217;énergie. Le prix de l&#8217;utilisation lors de l&#8217;épandage et de la production des engrais à partir de gaz naturel augmente avec le prix des carburants. Face à l&#8217;augmentation des prix de l&#8217;énergie, les coûts des intrants chimiques prennent de plus en plus de poids dans le budget de l&#8217;agriculteur.</p>
<p>Le coût environnemental et sanitaire de l&#8217;agriculture conventionnel est lourd. Malgré les nombreuses incertitudes qui demeurent sur l&#8217;impact réel des pesticides et des engrais sur notre santé, de nombreux résultats doivent nous alerter sur les dangers potentiels que notre exposition chronique aux pesticides nous fait courir. La physiologie des plantes est complexe mais les études révèlent que de nombreux effets bénéfiques sont à retirer d&#8217;une agriculture biologique intégrée à notre écosystème et respectueuse des interactions naturelles entre la plante et son environnement. Reste à savoir si le consommateur sera prêt à accepter la transition vers le bio en consentant à payer un peu plus cher des fruits et des légumes souvent  moins calibrés et pouvant présenter des défauts.</p>
<p><strong>Sources :</strong></p>
<ul>
<li>« Les plantes malades des pesticides », Francis Chaboussou,</li>
<li>« Pesticides, agriculture et environnement », Synthèse du rapport d&#8217;expertise réalisé par l&#8217;INRA et le Cemagref à la demande du Ministère de l&#8217;agriculture et de la pêche (MAP) et du Ministère de l&#8217;écologie et du développement durable (MEDD),</li>
<li>« Accroître la teneur en antioxydants des aliments grâce à l’agriculture et à la transformation alimentaire biologiques », Rapport sur l’état des connaissances scientifiques, Charles M. Benbrook, Ph.D. Chercheur principal, The Organic Center,</li>
<li>« Cahier des charges concernant le mode de production et de préparation biologique des animaux et des produits animaux définissant les modalités d&#8217;application du règlement CEE n° 2092/91 modifié du Conseil et/ou complétant les dispositions du règlement CEE n° 2092/91 modifié du Conseil ». Ministère de l&#8217;agriculture et de la pêche,</li>
<li>« Effets retardés des pesticides sur la santé humaine »,LUC MULTIGNER, Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM),</li>
<li>« Coûts des principales pollutions agricoles de l&#8217;eau », Commissariat général au développement durable,</li>
<li>« Qualité des produits biologiques d&#8217;origine animale », INRA, UMRVP, 35590 Saint-Gilles,</li>
<li>« Etat, perspectives et enjeux du marché des engrais », Ministère de l&#8217;Alimentation, de l&#8217;Agriculture et de la Pêche,</li>
<li>« Quantity versus quality and profit versus values ? » Natacha SAUTEREAU, Ghislain GENIAUX, Stéphane BELLON, Morgane PETITGENET, Jérôme LEPOUTRE INRA SAD, UR 767 Ecodéveloppement, 84914 AVIGNON,</li>
<li>« Organic Agriculture and food security », Food and Agriculture Organization of the United Nations,</li>
<li>« Qualité et sécurité des produits bio – Une comparaison avec les produits conventionnels », dossier du FIBL Suisse (Institut de Recherche de l&#8217;Agriculture Biologique)</li>
<li>« Écophyto R&#038;D, Quelles voies pour réduire l’usage des pesticides ? » Étude menée par l’Inra à la demande du ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer et du ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche,</li>
<li>« Concilier des performances pour une agriculture durable L&#8217;agriculture biologique comme prototype » Natacha Sautereau, Servane Penvern, Morgane Petitgenet, Joël Fauriel, Stéphane Bellon, Résultats des recherches du département Inra – Sad,</li>
<li>«  Étude sur la faisabilité de l&#8217;évaluation monétaire des externalités agricoles et de leur rémunération », Eco Ressources Consultants pour le Ministère de l&#8217;Agriculture, de l&#8217;Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l&#8217;Aménagement du territoire</li>
<li>Agence Bio</li>
<li>Site de la FAO, rapport SOLAW sur l&#8217;état des ressources en terres et en eau pour l&#8217;alimentation et l&#8217;agriculture</li>
<li>Actu-environnement</li>
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		<title>Le nucléaire à la loupe</title>
		<link>http://www.bulles-de-savants.com/bullactu/infobulle/le-nucleaire-a-la-loupe</link>
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		<pubDate>Mon, 12 Dec 2011 22:18:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bulles de Savants</dc:creator>
				<category><![CDATA[Infos du site]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.bulles-de-savants.com/?p=624</guid>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="http://www.bulles-de-savants.com/illustrations/icones/journal-ico.png" width="32" height="32" alt="" title="Infos du site" /><br/>Après une longue période de silence de notre part, notre labo a pu rouvrir ses portes. Entre autres articles, nous réfléchissons à un dossier en plusieurs parties sur l'énergie nucléaire.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img align="left" src="http://www.bulles-de-savants.com/illustrations/icones/journal-ico.png" width="32" height="32" alt="" title="Infos du site" /><br/><p>Bonjour à vous, amis lecteurs.<br />
Après une longue période de silence de notre part, notre labo a pu rouvrir ses portes &#8211; une aubaine en période de restriction budgétaire. Et cela fait quelques temps que Pao et Neptune investiguent pour comprendre l&#8217;envers du décor de la production nucléaire. Sujet brûlant et très d&#8217;actualité. Nous espérons vous faire part d&#8217;un point de vue le plus objectif possible sur le sujet. Car après tout, la catastrophe de Fukushima permet désormais une opposition plus réaliste et moins idéologique. Mais dans la guerre médiatique et les arguments pseudo-scientifiques, il faut toujours autant savoir trier.</p>
<p>Pour 2012, nous allons essayer de vous proposer des articles de qualité pour répondre aux questions majeures de cette filière comme :</p>
<ul>
<li>Combustible : A-t-on assez d&#8217;Uranium et peut-on l&#8217;extraire dans de bonnes conditions ? Le Mox est-il dangereux ?</li>
<li>Démantèlement : un chantier titanesque pour une facture gargantuesque ?</li>
<li>La construction de nouvelles centrales : toujours aussi économiquement compétitif ?</li>
<li>Arrêt du nucléaire : quel impact sur le réchauffement climatique ?</li>
<li>Accidents mineurs et majeurs : quels dégâts ? Quelle probabilité d’occurrence ?</li>
<li>Retraitement des déchets : quel monde allons-nous laisser aux futures générations ?</li>
<li>Nucléaire demain : entre la 4e génération et la fusion, doit-on continuer la recherche ?</li>
</ul>
<p>&#8230; Et vous serez mieux calé sur la question que les présidentiables français.</p>
<p>(<a href="http://www.flickr.com/photos/truthout/4774149810/">Source de l&#8217;image</a>)</p>
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		<item>
		<title>Le plan énergétique durable de négaWatt pour la France</title>
		<link>http://www.bulles-de-savants.com/bullactu/bulle-de-presse/la-plan-energetique-durable-de-negawatt-pour-la-france</link>
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		<pubDate>Mon, 12 Dec 2011 21:57:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bulles de Savants</dc:creator>
				<category><![CDATA[Revue de presse]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.bulles-de-savants.com/?p=619</guid>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="http://www.bulles-de-savants.com/illustrations/icones/journal-ico.png" width="32" height="32" alt="" title="Revue de presse" /><br/>En 2011, l'association négaWatt sort la dernière version de son modèle énergétique français, permettant de prouver que sortir du nucléaire et rester indépendant énergétiquement grâce aux énergies renouvelables, c'est techniquement possible, et pas simplement souhaitable.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img align="left" src="http://www.bulles-de-savants.com/illustrations/icones/journal-ico.png" width="32" height="32" alt="" title="Revue de presse" /><br/><p>négaWatt est une association d&#8217;ingénieur dont le but est de promouvoir l&#8217;énergie durable à travers 3 points : efficacité énergétique, économie d&#8217;énergie et énergies renouvelables.</p>
<p>En 2011, ils ont sorti la dernière version de leur modèle, permettant de prouver que sortir du nucléaire et rester indépendant énergétiquement grâce aux énergies renouvelables, c&#8217;est techniquement possible, et pas simplement souhaitable.</p>
<p>Le laboratoire vous conseille de jeter un œil sur leur dossier que vous trouverez <a href="http://www.negawatt.org/scenario-negawatt-2011-p46.html" target=_blank>en suivant ce lien vers leur site.</a></p>
<p>Au menu, trois objectifs :</p>
<blockquote><ul>
<li>montrer qu&#8217;une société dite « développée » peut subvenir à ses besoins en diminuant considérablement l&#8217;utilisation d&#8217;énergies fossiles et nucléaire.</li>
<li>proposer des mesures concrètes permettant une réelle transition énergétique</li>
<li>apporter une contribution technique au débat sur la politique énergétique de la France.</li>
</blockquote>
<p>(<a href="http://www.flickr.com/photos/bazik/395792175/">Source de l&#8217;image</a>)</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Des Terres Rares qui verdissent l&#8217;énergie mais dégradent l&#8217;environnement</title>
		<link>http://www.bulles-de-savants.com/bullosphere/bulle-de-courant/des-terres-rares-qui-verdissent-lenergie-mais-degradent-lenvironnement</link>
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		<pubDate>Mon, 12 Dec 2011 21:22:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Professeur Neptune</dc:creator>
				<category><![CDATA[Energie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.bulles-de-savants.com/?p=613</guid>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="http://www.bulles-de-savants.com/illustrations/icones/eolienne-ico.png" width="32" height="32" alt="" title="Energie" /><br/>Au cœur de la révolution verte : les Terres Rares. Ces métaux aux propriétés étonnantes voient pourtant leur production entachée de graves pollutions, et sont utilisées comme arme diplomatique par le gouvernement Chinois.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img align="left" src="http://www.bulles-de-savants.com/illustrations/icones/eolienne-ico.png" width="32" height="32" alt="" title="Energie" /><br/><p>La mise en valeur énergies renouvelables à grande échelle doit apporter une solution pérenne à l&#8217;épuisement des ressources énergétique fossiles. Mais la refonte de notre système énergétique soulève de nombreux défis techniques. La communauté scientifique est mobilisée, et des dispositifs toujours plus ingénieux de production et de stockage d&#8217;énergie émergent des laboratoires de recherche. Les systèmes innovants les plus courants, présentent une spécificité commune : ils incorporent des Terres Rares, un groupe de 17 métaux dont les propriétés sont si semblables qu&#8217;il est difficile de les différencier. Les Terres Rares, contrairement à ce que laisse suggérer leur nom, ne sont pas rares, mais elles sont inégalement réparties dans l&#8217;écorce terrestre et sont le plus souvent présentes à des concentrations telles qu&#8217;il n&#8217;est économiquement pas viable de les exploiter. Dès lors, l&#8217;intensification de leur utilisation soulève de véritables enjeux d&#8217;ordre géostratégique qui remettent en question le nouveau modèle énergétique prôné par des scientifiques convaincus que le recours aux énergies renouvelables évincerait le problème de la raréfaction des ressources en hydrocarbures.  Serions-nous en train de remplacer une ressource organique épuisable par une ressource inorganique en accès limité ? Les difficultés d&#8217;exploitation des Terres Rares semblent sérieusement menacer l&#8217;engouement pour des énergies en accès illimité. </p>
<h2>Un symbole de la révolution énergétique</h2>
<p>Les Terres Rares jouent un rôle clef dans la Révolution Verte parce qu&#8217;elles sont dotées de  propriétés catalytiques, magnétiques, optiques, électriques et chimiques particulièrement intéressantes pour l&#8217;industrie énergétique. Quelques exemples illustrent l’importance croissante que les Terres Rares ont prise dans notre paysage énergétique : Le Néodyme et le Dysprosium ont permis de réaliser de véritables progrès en matière de sobriété énergétique. Les scientifiques se sont servis de ces éléments pour mettre au point de puissants aimants permanents qui ont considérablement accru la rentabilité des moteurs électriques notamment dans l’industrie des véhicules électriques et dans le secteur éolien. Les spécialistes de l’efficacité énergétique caressent l’idée de les intégrer à toute forme de moteur électrique industriel. </p>
<ul>
<li>Le Lanthane est un composant essentiel des piles à hydrogène et des batteries pour véhicules électriques et hybrides.</li>
<li>Le Praséodyme et le Terbium sont utilisés dans la construction des moteurs de voiture hybride.</li>
</ul>
<p>L’industrie du véhicule électrique est très gourmande en métaux et Terres Rares et il est n’est pas certain que l’industrie minière telle qu’elle se présente actuellement, puisse répondre aux besoins d’une production de masse. La perspective d’une voiture électrique produite en large série et à faible coût pourrait bien être sérieusement compromise tant que l’accès aux ressources minérales ne sera pas garanti. Le problème des Terres Rares ne tient pas tant à leur rareté qu’au coût environnemental de leur exploitation et à la mainmise de la Chine sur cette industrie.</p>
<h2>Un  coût environnemental élevé</h2>
<p>L’exploitation des Terres Rares est longue, elle repose sur des procédés chimiques polluants et peut être source de déchets radioactifs. La Chine, premier producteur mondial de Terres Rares, en fait les frais et doit faire face aux dommages environnementaux de grande ampleur causés par son industrie minière. En effet, le coût de retraitement des déchets est souvent négligé dans les exploitations qui subissent peu de contrôles ou qui  opèrent même parfois dans l’illégalité. Certaines exploitations à ciel ouvert comme la mine de Baotou en  Mongolie intérieure vomissent des déchets dans le désert sans guère se soucier de l’impact environnemental. Selon les autorités chinoises, la production d’une tonne de terres rares génère en moyenne 60 000 mètres cubes de gaz acides sulfurique et hydrofluorique, 200 mètres cubes d’eau acide, et 1,4 tonne de déchets radioactifs. Ces dégradations causées par ces exploitations peu respectueuses de l’environnement soulèvent de nombreuses oppositions locales et ont entraîné un désengagement progressif des pays occidentaux. Aujourd’hui les projets prennent du temps à se relancer. Et certains Etats envisagent d’aller traiter les minerais hors de leurs frontières pour ne pas polluer sur leurs terres. Les Australiens de Lynas Corporation ont ainsi prévu de traiter leur production de minerais du site du Mont Weld en Malaisie malgré les réticences de la population malaisienne.</p>
<h2>Une production tenue par les Chinois</h2>
<p>En 1992, Deng Xiao Ping déclarait que les terres rares étaient « le pétrole de la Chine », convaincu que son pays tirerait un avantage politique et stratégique décisif de l’exploitation de ces richesses. Dès lors, la Chine mena une politique agressive de prix qui entraina une chute des cours et donc de la rentabilité chez les autres pays producteurs. Des acteurs historiques comme le site de Mountain Pass aux Etats Unis cessèrent d’exploiter les Terres Rares et la Chine réussit à étouffer la concurrence. A la fin de l’année 2010, la Chine concentrait ainsi 97% de la production mondiale de Terres Rares et ce, malgré la présence de ces ressources dans d’autres régions du globe. Aujourd’hui, il n’y a guère plus que la compagnie estonienne Silmet qui tire encore son épingle du jeu et constitue une alternative au quasi monopole chinois.<br />
En 2006 cependant, la Chine réalise qu’avec la montée en gamme de son industrie, d’ici 15 ans, ses besoins en Terres Rares ne pourront plus être satisfaits par leur seul marché intérieur. La Chine n’aura pas le choix et devra importer. Les délais d’ouverture de mine étant relativement longs, environ 5 ans, les Chinois ont compris la nécessité de stimuler le marché extérieur afin d’accroitre les capacités de production mondiales. Ils  ont ainsi mis fin à plus d’une décennie de prix excessivement bas afin de générer un signal prix suffisamment fort pour initier le retour des industries minières étrangères sur le marché. Dans leur course aux énergies nouvelles, les pays industrialisés avaient en effet largement profité des Terres Rares à petit prix au détriment du développement de leurs propres capacités d’exploitation. Mais sous prétexte de limiter la production illégale et maîtriser la surexploitation, les Chinois ont mis en place un système de quotas de vente assorti d’un prix à l’exportation plus élevé que celui destiné à la consommation interne. Les industriels chinois se garantissent ainsi  un accès privilégié à une ressource indispensable à leur croissance tandis que le « reste du monde » voit ses capacités d’achat se réduire chaque année. De fait, les quantités de Terres Rares autorisées sur le marché mondial sont décidées par le gouvernement chinois. Les industriels dépendants de ses ressources énergétiques ont bien déposé un recours devant l’Organisation Mondiale du Commerce fin 2010mais malgré les sanctions formulées à l’encontre de la Chine en juillet 2011, celle-ci a réaffirmé la nécessité de prendre en compte « le caractère épuisable et stratégique » des Terres Rares, refusant ainsi de remettre en cause sa politique.</p>
<p>La dépendance des industriels aux Terres Rares chinoises rappelle dangereusement notre dépendance vis-à-vis des Etats pétroliers. Comme le pétrole, les Terres Rares constituent une arme diplomatique destinée à protéger les intérêts chinois. La crise diplomatique avec le Japon en 2010 illustre parfaitement le nouveau rapport de forces qui s’est instauré sur la scène mondiale. Afin de faire pression sur le Japon à qui elle dispute la propriété d’une zone maritime riche en gaz naturel, la Chine prit la décision de réduire drastiquement ses quotas d’exportations de Terres Rares vers le Japon. Les Japonais, dont l’industrie de haute technologie est particulièrement dépendante des importations chinoises de Terres Rares, ont alors massivement débloqué des fonds de recherche afin de trouver des substituts aux Terres Rares. Si on ne peut plus faire d’aimants permanents pour les voitures électriques en raison de caprices chinois, on les remplacera par des électroaimants, affirme Toyota, même si cela se fait au détriment de l’efficacité énergétique globale du moteur.</p>
<h2>Vers une évolution de l’industrie des Terres Rares</h2>
<p>La réaction Japonaise reçut un accueil inattendu à Pékin. En effet, le gouvernement Chinois a brutalement reconnu que l’exploitation des terres rares étaie à l’origine de vastes pollutions chimiques – dues à une structure mal consolidée des entreprises productrices, selon le ministre du commerce – et ne pouvait se conjuguer avec des exigences de développement durable. La Chine  rapprocha alors ses centres de recherche de ceux du Japon afin de travailler ensemble au développement de techniques de substitution. Dans la foulée, des normes de respect de l’environnement furent imposées aux producteurs chinois afin d’accélérer leur modernisation et d’éliminer les canards boiteux. Cette réforme du secteur minier devrait donner naissance à de nouveaux géants miniers en Chine dans les prochains mois.</p>
<p>Les autres pays ont pris conscience du danger d’une dépendance vis-à-vis de la Chine dans des industries qui  pourraient bien devenir stratégique dans les prochaines années. Les Etats-Unis ont déjà débloqué les fonds nécessaires à la réouverture de la mine du Mountain Pass. Les Australiens par le biais de Lynas Corporation exploitent les Terres Rares sur le site du Mont Weld en Malaisie en dépit des inquiétudes de la population locale. L’Inde, le Canada et l’Afrique du Sud prévoient de leur emboîter le pas et se lancer également dans l’exploitation de ce nouvel « or gris » présent dans leurs sous-sols. De nombreuses années s’écouleront avant que ces projets ne soient pleinement opérationnels. Comme à chaque fois qu’il est question d’accès aux ressources, la situation internationale se tend. De nouvelles crises sont à prévoir et les jeux ne sont pas encore faits entre les Etats pour savoir qui remportera la part du lion. Le Révolution Verte risque fort de virer au rouge.</p>
<p>(<a href="http://www.flickr.com/photos/zilpho/3912083560/" target=_blank>Source de l&#8217;image : &laquo;&nbsp;Pollution Inner Mongolia&nbsp;&raquo;</a>)</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Le microcrédit, un outil efficace contre la pauvreté ?</title>
		<link>http://www.bulles-de-savants.com/econopolis/econobulle/le-microcredit-outil-efficace-contre-la-pauvrete</link>
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		<pubDate>Thu, 20 May 2010 07:27:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Professeur Pao</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>

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		<description><![CDATA[<img align="left" src="http://www.bulles-de-savants.com/illustrations/icones/balance-ico.png" width="32" height="32" alt="" title="Economie" /><br/>Apparu dans les années 1970, le microcrédit est un ingénieux concept visant à permettre aux plus démunis de développer leur entreprise. Nombreuses sont les ONG qui ont répandu le concept à travers le monde, persuadées qu'il s'agissait là d'un moyen révolutionnaire pour réduire la pauvreté dans le monde.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img align="left" src="http://www.bulles-de-savants.com/illustrations/icones/balance-ico.png" width="32" height="32" alt="" title="Economie" /><br/><p>L’aventure du microcrédit débute en 1974 dans un petit village du Bangladesh. Au cours d’un voyage d’étude avec ses étudiants, M. Muhammad Yunus, alors jeune professeur d’économie, interroge une femme qui confectionne des paniers en bambous. Elle lui explique que pour acheter le bambou nécessaire à son ouvrage, elle est contrainte de s’endetter à des taux usuriers, pouvant atteindre jusqu’à 10% la semaine. Yunus comprend bien vite que si cette artisane avait pu emprunter à des taux raisonnables alors elle n’aurait pas à consacrer l’essentiel de ses bénéfices au remboursement de ses emprunts et pourrait s’assurer un revenu soutenable. Il décide donc de lui prêter de sa propre poche, ainsi qu’à une quarantaine d’autres artisans, l’équivalent de 27 dollars. Poursuivant sur sa lancée, il fonde en 1976 la Grameen Bank, ou banque du village : une institution financière uniquement destinée à prêter de petites sommes aux plus démunis : le microcrédit est né. Près de 30 ans plus tard,  l’Organisation des Nations Unies déclare l’année 2005 l’ « année internationale pour le microcrédit ». L’année suivante, en 2006, la Grameen Bank reçoit au nom de Muhammad Yunus, le prix Nobel de la paix. Depuis sa création, la Grameen bank s’est considérablement développée : en février 2010 elle comptait 2 563 filiales au Bangladesh et plus de 8.04 millions d‘emprunteurs dont 97% de femmes. Avec un taux de remboursement qui approche les 98%, l’histoire ressemble bien à une success story, citée en exemple par une communauté d’économistes fermement convaincus qu’on a là découvert la recette miracle contre la pauvreté. Un regard plus critique laisse cependant entrevoir un tableau plus mitigé quant à l’impact réel du microcrédit sur la pauvreté.</p>
<h2>Qu’est-ce que le microcrédit ?</h2>
<p>	Le concept du microcrédit regroupe à la fois le crédit à l’investissement, à la consommation ou au remboursement d’emprunts. De faible voire très faible montant, il est destiné à ceux qui ne peuvent emprunter via les réseaux bancaires classiques. En revanche, les taux d’intérêts pratiqués sont nettement plus élevés ; ils oscillent entre 10% et 20% par mois. Les conditions d’attribution de microcrédits par les instituts de micro-finances, les IMF, sont fondamentalement différentes des conditions de prêts requises par les banques. En effet, les emprunteurs qui font appel aux instituts de micro-finance sont pour la plupart considérés comme  insolvables. Le prêt est accordé non selon leur situation financière mais en fonction de la qualité de leur projet. Le système du microcrédit permet ainsi aux plus pauvres d’obtenir les moyens financiers pour créer ou développer une petite entreprise. Aujourd’hui, malgré des taux d’emprunts élevés, les taux de remboursement des microcrédits sont supérieurs à 95%, voire atteignent 99%. </p>
<h2>Pourquoi le microcrédit ?</h2>
<p>Les défenseurs du microcrédit, Muhammad Yunus en tête, perçoivent le microcrédit comme un moyen révolutionnaire pour éradiquer la pauvreté : « We can create a poverty-free world if we collectively believe in it—a world in which the only place you would be able to see poverty is in poverty museums. Some day, school children will be taken to visit these poverty museums». Dans les pays du Sud, de nombreux indigents s’établissent à leur compte pour s’assurer d’un revenu de subsistance. Du petit vendeur de nourriture dans la rue au tailleur dans son échoppe en passant par le cireur de chaussure itinérant, les villes et campagnes regorgent de micro-entreprises. En Inde, au Pakistan, au Nicaragua, ce sont entre 47% et 52% des ménages urbains les plus pauvres qui disposent de leur propre entreprise, Au Pérou ce chiffre atteint même 69% et cette proportion est encore plus importante dans les zones rurales. A titre de comparaison, la proportion d’entrepreneurs dans les pays de l’OCDE est de 12% (Microcrédit, miracle ou désastre ?, par Esther Duflo, LE MONDE | 11.01.10). Dans des pays où les filets de protection sociale n’existent pas, l’économie qui nait de ces petites activités est essentielle aux plus démunis afin qu’ils ne sombrent pas dans une misère plus profonde. Dans cette optique, le microcrédit apporte des solutions particulièrement bien adaptées aux besoins de cette économie.</p>
<h2>Un crédit avant tout destiné aux femmes</h2>
<p>	Lorsque Muhammad Yunus conçut le microcrédit, son intention était de privilégier avant tout les femmes. Dans un Etat musulman comme celui du Bangladesh où les femmes sont en général exclues des affaires et bridées dans leurs initiatives, l’idée était de leur attribuer un crédit afin de favoriser leur émancipation et lutter contre les discriminations. Il faut ajouter que selon Pitt et Khandker (1998) les femmes sont considérées comme des vecteurs essentiels de la lutte contre la pauvreté car elles ont font preuve d’un meilleur sens pratique dans la gestion des ressources et investissent davantage dans l’éducation et la santé. </p>
<h2>Comment ça fonctionne ? </h2>
<p>	Dans toute relation entre un emprunteur et un organisme de crédit, il existe ce qu’on appelle une asymétrie d’informations : seul l’emprunteur connaît l’état réel de sa situation. Afin de se prémunir contre un défaut de paiement vis à vis d’un emprunteur qu’elle ne connaît pas, une banque classique peut exiger en plus d’une attestation de ses revenus, une lettre de garantie d’un collatéral. Dans le cas où l’emprunteur est une entreprise, la banque requiert un exemplaire de la tenue de ses comptes et examine soigneusement toute une série d’indicateurs qui lui permettront d’apprécier la solidité de sa situation financière en fonction du contexte économique. Le microcrédit s’inscrit dans une démarche profondément différente : l’organisme de micro-finance n’impose aucune garantie de l’entrepreneur et ne dispose d’aucune information sur son honnêteté et son sérieux. Pour limiter la prise de risque, l’organisme peut solliciter de l’emprunteur qu’il constitue un groupe de 5 personnes. Ce procédé dans lequel le crédit est renouvelé pour un des autres membres du groupe dès que le crédit précédemment accordé a été remboursé, est un solide moyen pour inciter les emprunteurs au bon remboursement des prêts. L’emprunteur reste le seul responsable du remboursement du crédit, mais les 4 autres membres du groupe sont là pour le responsabiliser et l’inciter à respecter les échéances du prêt puisqu’en cas de défaut de paiement, elles ne pourront à leur tour bénéficier d’un microcrédit. Ce système permet une sélection des emprunteurs par les membres de la communauté qui les connaissent et sont capables de juger de leur fiabilité. Le projet est également pris en compte et jaugé par l’organisme dans sa décision ultime d’accorder le crédit. Dans le cas où l’IMF juge la probabilité de défaut supérieure à celle acceptable, il peut décider de prêter un montant inférieur à celui initialement sollicité par l’emprunteur. </p>
<h2>Qui finance les microcrédits ?</h2>
<p>	L’essor du microcrédit s’est accompagné d’un besoin croissant de capital : la demande de financement est en constante augmentation, les 100 plus grands instituts de micro-finance accroissent leur base de clients de 26% chaque année. En réalité, peu d’instituts de micro-finance sont auto suffisants. La raison en est que malgré des taux d’intérêts élevés, ils s’appliquent sur des montants tellement faibles qu’ils parviennent difficilement à couvrir les frais de fonctionnement. Aujourd’hui, les 17 milliards de dollars investis en micro-finance ne correspondraient qu’à 1/15ème des besoins en financement. Afin de répondre aux besoins, les instituts de micro-finance s’efforcent d’attirer les investisseurs étrangers et le capital privé. Outre les dons et les subventions et l’appui des gouvernements qui peuvent en plus de leur soutien financier apporter un soutien législatif, il existe différents outils de financement des IMF : prises de participation au capital des IMF qui ont un statut de société ; prêts commerciaux aux IMF et garanties facilitant ces prêts ; outils de gestion du risque de change, émissions obligataires et opérations de titrisation, entrée en bourse … Actuellement, les sources de financement des établissements de microcrédit proviennent en grande partie des ressources locales. En 2006, sur 17 milliards de dollars de capital investis dans les IMF, 75% des fonds proviennent de l’épargne ou des emprunts locaux. Le reste est représenté par les investissements étrangers, répartis entre les prêts (70% des investissements étrangers),  les appuis en fonds propres (20%), les garanties (10%). </p>
<p>Depuis quelques années, les flux de capitaux privés augmentent : 61 des 74 supports d’investissement pour la micro-finance sont des fonds d’investissements privés qui jouent un rôle d’intermédiaires entre les investisseurs étrangers et les instituts de micro-finance. Ils détiennent chacun moins de 1 million de dollars. Les 10 premiers supports d’investissement pour la micro-finance détiennent 65% de tous les investissements. Environ 47% des financements des MIV provient d’investisseurs socialement responsables, 36% des instituts financiers internationales ou IFI, et 17% d’investisseurs courants. </p>
<p>Le financement des IMF se heurtent à plusieurs difficultés. On constate que l’essentiel des investissements étrangers est concentré vers quelques grands instituts de micro-finance. Une partie des financements provient des Institutions financières internationales (Fonds monétaire internationale, Banque mondiale, Banque européenne pour la reconstruction et le développement…). Mais leur rôle est de plus en plus critiqué puisqu’elles sont accusées de n’apporter leur soutien financier qu’aux plus grosses IMF où les risques encourus sont les plus faibles. Ce faisant, elles évincent les investisseurs privés de la micro-finance car ceux-ci ne peuvent offrir des conditions de prêts aussi profitables que les IFI et sont contraints de se rabattre sur les établissements les plus risqués. Par conséquent, ce ne sont pas forcément les IMF qui ont le plus besoin des sources de financements qui en obtiennent le plus facilement. Les IFI qui devraient plutôt encourager les investissements du secteur privé exercent donc un rôle inverse. </p>
<p>Afin d’augmenter leur capital, certaines IMF peuvent décider de s’introduire en bourse et lever des fonds sur le marché, comme ce fut le cas de Compartamos en 2007. Les Instituts de micro-finance peuvent également se financer auprès de leurs emprunteurs comme le procède la Grameen Bank qui ne dépend plus des dons depuis 1995. Les emprunteurs contribuent pour les 2/3 des prêts accordés par la banque, le 1/3 restant est fourni par de l’épargne. Dans ce cas très précis, le rôle des emprunteurs est essentiel : ils détiennent à 94% la banque, les 6% restant le sont par le gouvernement bangladeshi. Et puis, dans un souci d’affirmer leur responsabilité sociale, les grandes banques commencent elles aussi à prendre part dans le secteur de la micro finance et à accorder des prêts commerciaux aux instituts financiers.<br />
Ce qu’il faut bien garder à l’esprit, c’est que le microcrédit n’est pas un instrument de charité : les IMF ont vocation a réalisé des profits. Si peu d’IMF y parviennent, des questions éthiques surviennent dès lors que l’un d’eux commence à engranger des profits. Le niveau élevé des taux d’intérêts pratiqués est parfois remis en cause. L’objectif social n’est-il pas en contradiction avec la nécessité d’atteindre la rentabilité économique ? Car pour être rentable, les taux d’intérêt doivent être au-delà de la couverture de coûts. Mais ensuite, les bénéfices pourraient revenir au client via une baisse des taux d’intérêt. Les pratiques managériales courantes dans les entreprises classiques peuvent également susciter la suspicion dès lors qu’elles sont appliquées aux IMF.  Les IMF qui procèdent à une introduction en bourse sont vivement critiquées : la crainte étant de voir l’IMF rendre des comptes à ses actionnaires et perdre une partie de son pouvoir décisionnel, sauf dans le cas où ceux-ci sont nombreux et éparses afin de diluer leur pouvoir. Pourtant lorsque les fonds publics sont insuffisants, il peut être nécessaire de drainer l’épargne pour assurer la croissance. Des actions attractives permettent d’attirer plus d’investisseurs. Pour Compartamos, la mise en vente de 30% du capital existant sur le New York Stock Exchange (80%) et le Mexico Stock Exchange le 20 Avril 2007 a permis en une journée, de faire gagner à ces actions plus de 20% et la demande excédait 13 fois l’offre des titres mis en vente. Le montant de la transaction a atteint 450 millions de dollars US, soit 12 fois la valeur de mise en vente.  </p>
<h2>Développement de par le monde</h2>
<p>En 2008 la micro-finance représente un portefeuille de prêts de 39.3 milliards de dollars, 22.6 milliards de dépôts, 76.3 millions d’emprunteurs, un montant moyen du prêt de 582.9 dollars. Le modèle du microcrédit a été développé par 34 pays. La micro-finance étend sa couverture géographique et se modernise, les initiatives se multiplient de par le monde et tente de développer un modèle qui marche selon leur propre conception du microcrédit. Les instituts de Micro-finance recourent aux nouvelles technologies de l’information et de la communication pour être plus proches de leurs clients (carte de crédit, guichet de retrait, services bancaires par téléphone portable…) et leur permettre d’effectuer leurs opérations hors des agences bancaires. Ces nouvelles technologies leur permettent également d’accéder aux plus démunis ainsi qu’aux familles vivant dans les zones rurales. C’est notamment une des initiatives de CGAP ou Consultative Group to Assist the Poor ; il s’agit d’un consortium de 33 agences de développement qui travaillent ensemble pour étendre les services de micro-finance dans les pays pauvres. Des programmes de formations peuvent également favoriser la capacité du client à rembourser son emprunt. Subventions, services d’épargne et de formation, assurent un meilleur suivi du client qui est ainsi mieux armé pour respecter l’échéancier du remboursement.</p>
<h2>Les grands instituts financiers s’y mettent</h2>
<p>A leur tour, les grandes banques classiques commencent à s’intéresser au marché des pauvres et développent des activités de microcrédit. Les banques internationales telles Axa, CA, BNP, ING, BBVA, Morgan Stanley ont toutes aujourd’hui pris position dans ce secteur. Elles disposent de largement plus de moyens et de services que les instituts de micro-finance. Mais leur intervention dans le secteur du microcrédit n’est pas sans poser quelques difficultés. Les établissements bancaires classiques n’ont pas vocation à faire de la micro-finance, surtout dans les pays en voie de développement où le montant des prêts est trop faible pour leur permettre de réaliser les niveaux de bénéfices auxquels ils sont habitués. Afin d’accroitre les profits, ils peuvent être tentés d’augmenter les montants des prêts, allant ainsi à l’encontre de la logique du microcrédit. De plus, la rentabilité n’est atteinte qu’au terme de délais très longs, probablement bien supérieurs à ceux exigés par le secteur. Les avis demeurent cependant partagés sur la question.<br />
	Plusieurs arguments interviennent en faveur  de l’intervention des banques dans le microcrédit : elles disposent des infrastructures et du personnel compétent dans le domaine financier, d’une large base de dépôts, d’un vaste réseau de distribution grâce à un large réseau d’agences et les technologies nécessaires pour renforcer la pénétration au sein des populations défavorisées. De plus elles véhiculent avec leur enseigne une certaine image de confiance.<br />
	Mais il reste quelques arguments qui s’opposent à l’intervention des grandes banques : les banques manquent d’expérience dans un domaine où les objectifs sont éloignés de leurs prétentions habituelles. Elles manquent de connaissance du marché qu’elles assimilent souvent au crédit à la consommation où l’approche du client est différente. De plus la banque a tendance à réduire ses coûts de main d’œuvre, or la relation client est un élément essentiel de la micro-finance. Enfin le personnel n’est pas formé et n’a pas l’habitude des milieux pauvres dans lesquels s’opère le microcrédit.</p>
<blockquote><h2>Différents modes d’intervention ont déjà été expérimentés</h2>
<ul>
<li>
<h3>En créant une unité au sein de la banque spécifiquement dédiée aux activités de micro-finance</h3>
<p> ou bien en créant un produit de microcrédit. C’est la stratégie la moins coûteuse, mais qui a peu de chance de réussir même si on peut noter quelques succès en Indonésie avec la BRI et au Brésil avec la Banco Nordeste. Les difficultés surviennent sur le plan des ressources humaines lorsque la banque rechigne à allouer le personnel supplémentaire nécessaire afin de favoriser les interventions directes avec le client, c’est le cas à la BRI où le personnel de l’unité de micro-finance Unit Desa System est insuffisant par rapport aux besoins. Parfois comme ce fut le cas au Zimbabwe, avec la Kingdom Bank, le personnel souhaite renforcer son identité propre et entre en conflit ouvert avec les autres membres du personnel de la banque. Il est vrai que les frais généraux sont mutualisés et que le système permet de profiter des synergies offertes entre la banque classique et l’unité de micro-finance. Malheureusement les décisions stratégiques sont prises à un niveau de la banque où le manque d’expérience et le désintéressement pour la micro-finance ne contribuent pas à développer ces activités ou conduisent à des prises de décisions inappropriées et déconnectées des réalités ou simplement à un refus d’allouer plus de ressources.</li>
<li>
<h3>La création d’une filiale :</h3>
<p> Les banques peuvent également créer des filiales destinées à la micro-finance, à l’image Financiera Solucion au Pérou, une filiale de Banco de Credito. Ces filiales peuvent prendre la forme de « joint ventures » avec d’autres investisseurs. La filiale bénéficie d’une certaine autonomie qui lui permet de pallier aux problèmes rencontrés dans le cas précédent. Mais les fonctions sont dédoublées ce qui crée des coûts supplémentaires : RH, comptabilité… Sauf dans le cas où les actionnaires apportent leurs savoir-faire.</li>
<li>
<h3>Alliance stratégique :</h3>
<p> Les banques peuvent également décider de s’allier avec un institut de micro-finance déjà existant. L’implication de la banque reste limitée ainsi que les risques encourus et son image. La banque peut organiser son alliance en accordant des prêts aux IMF. En réalité, ce système est assez rare et les succès peu fréquents car cette forme ne permet pas à l’institut de micro-finance de bénéficier des infrastructures, de l’image de la banque et est plus complexe à gérer qu’un institut autonome. En cas de désaccord, la responsabilité est souvent reportée sur l’institut de micro-finance et les risques sont essentiellement supportés par l’IMF.</li>
<li>
<h3>La société de services en micro-finance :</h3>
<p> le rôle de cette société est de gérer la partie octroi et suivi de crédit pour le compte d’une banque. Elle bénéficie des infrastructures de la banque ainsi que d’une partie du personnel afin de profiter des synergies qui peuvent exister dès lors qu’elle doit faire appel à des services qui ne sont pas trop spécialisés. Il semble que le modèle soit un succès puisque c’est celui qui a été adopté par les principaux organismes de microcrédit en France qui se sont associés avec de grandes banques : Adie (Association pour le droit à l’initiative économique), France Initiative, France Active ou encore Planet Finance. Cette forme d’association démultiplie les moyens des organismes de microcrédit.</li>
</ul>
</blockquote>
<h2>En France</h2>
<p>	Le concept du microcrédit ne s’est pas cantonné aux pays pauvres mais est également apparu dans des pays développés. En France, le microcrédit s’est développé selon deux modèles grâce à deux institutions : France Initiative et l’Adie. France Initiative finance des projets plus importants avec des prêts à taux zéro de 7800 euros en moyenne. L’argent provient essentiellement des fonds publics, notamment des conseils généraux. Le retour sur investissement de ce microcrédit public relève d’une vision différente de l’entrepreneur : il est normal d’aider celui-ci avec de l’argent public car il contribue à la création d’activité dans le pays et donc enrichit indirectement la collectivité.</p>
<p>L’Adie prête pour de microprojets (prêts de 2800 euros en moyenne) et pratique des taux d’intérêts élevés qui lui permettent d’atteindre un certain équilibre dans ses comptes. Dans ce cas de figure, l’entrepreneur est réellement perçu comme un acteur du marché qui doit faire ses preuves pour s’imposer face à la concurrence. Cet institut fonctionne comme une société de services en micro-finance. Grâce à la loi NRE du 15 mai 2001, l’association peut emprunter auprès des établissements financiers l’argent qu’elle prête aux particuliers. L’Adie se porte ainsi garante de prêts fournis par des instituts bancaires classiques avec qui elle signe des accords. Les banques fournissent des lignes de crédit avec un taux d’intérêt de 10% environ ce qui est bien supérieurs aux taux pratiqués par ailleurs. Cela est possible grâce au déplafonnement du taux de l’usure. L’Adie bénéficie elle-même de contre garanties accordées à l’IDES ou Institut de Développement de l’Economie Sociale, organisme public et le FEI : Fonds Européen d’Investissement. Là où la Grameen ne demande pas de caution solidaire, l’Adie exige un engagement de l’entourage de l’entrepreneur à hauteur de 50% du prêt. L’Adie a été reconnue association d’utilité publique et peut donc recevoir des legs. Pour autant, l’Adie est également très dépendante des fonds publics qu’elle touche au travers de la Caisse des Dépôts et Consignations, des banques coopératives et des pouvoirs publics. L’association bénéficie également de financements pour son personnel embauché sous contrats aidés et en emplois-jeunes. On estime que, pour 1 euro prêté, l’association reçoit 1 euro de subvention. </p>
<h2>Un moyen efficace de lutte contre la pauvreté ?</h2>
<p>	Il reste à évaluer l’impact réel du microcrédit sur la réduction de la pauvreté. Les adversaires du microcrédit défendront que le microcrédit incite à l’emprunt, qu’il n’est pas le premier produit financier demandé par les pauvres, que ceux-ci cherchent avant tout à accéder à un emploi salarié stable sécurisé, qu’aucun pays n’est jamais sorti de la pauvreté par le microcrédit, qu’il ne faut pas que les gouvernements donnent prétexte de la micro-finance pour réduire leur aide par ailleurs. Par ailleurs, d’après une étude du CGAP seuls 1% des institutions de microcrédit sont à l’équilibre. De plus les taux d’emprunt sont très élevés et la justification de tels taux parfois obscurs.</p>
<p>Il serait illusoire de penser que la micro-finance suffirait à sortir un Etat de la pauvreté. En Inde par exemple, ce sont près de 24 millions de femmes qui bénéficient des programmes de micro-finance. Mais avec un prêt moyen de 2000 roupies (soit environ 40 euros), il est fort peu probable que le microcrédit soit susceptible d’impacter significativement la richesse du pays. D’après Alex Counts, directeur de la fondation Grameen, seulement un dixième des 7 millions de clients de la banque sont de véritables entrepreneurs qui ont commencé en empruntant 100 dollars et empruntent maintenant de 10 000 à 20 000 dollars. Certes la plupart arrive à joindre les deux bouts mais il s’agit davantage de survivre que de développer une véritable entreprise. Le principe du microcrédit reste surtout la finance des petites activités, de multiples petites échoppes qui offrent peu de perspectives et qui permettent à peine de faire vivre leur propriétaire et dans la plupart des cas ne génèrent pas d’emploi. Il est vrai que les emprunteurs préféreraient une situation stable, un travail salarié qui leur garantirait une sécurité des revenus sur le long terme. Cette sécurité permet des investissements à long terme, dans la scolarisation notamment. Deux études menées aux Philippines sur la First Macro Bank et en Inde sur la Spandana révèlent que le microcrédit n’entraine pas de profonds changement dans les modes de vie de ces familles il ne semble en effet pas y avoir d’impact significatif sur la santé, la scolarisation, l’émancipation des femmes. Mais les emprunteurs acquièrent des biens durables (électroménager…) ou des biens productifs (machine à coudre, bicyclette…) et crée des activités indépendantes. Le microcrédit semble répondre aux objectifs d’un produit financier ; c&#8217;est-à-dire le moyen de lever des fonds pour financer une activité, sans provoquer de frénésie de consommation en partie parce que les emprunteurs sont avant tout responsabilisés sur la nécessité de rembourser leur emprunt.</p>
<p>Il ne faut pas perdre de vue que la réduction de la pauvreté implique l’engagement de moyens bien plus conséquents. Le développement d’un pays implique des investissements massifs dans ses infrastructures, son éducation, sa santé, son agriculture et un renforcement des institutions démocratiques. </p>
<p>	Que conclure sur le succès du microcrédit ? Bien qu’il faille reconnaitre que le microcrédit n’a pas les moyens de sortir un Etat de la pauvreté, il faut également souligner ses effets à une échelle microéconomique. Le microcrédit est amené à évoluer encore et doit explorer les possibilités qui lui sont offertes afin de renforcer son efficacité. Il est nécessaire d’améliorer les offres, notamment et de comprendre au travers d’études pourquoi certaines pratiques peuvent nuire à la prise de risque et aux initiatives de plus d’envergure. Comme en témoigne une étude aux Philippines, le prêt solidaire où l’emprunteur est obligé de s’associer dans un groupe, découragerait finalement la prise de risque et ne serait pas forcément un gage de garantie que l’emprunt sera remboursé. D’autre part en exigeant un remboursement hebdomadaire, on n’encouragerait pas non plus la prise de risque. En retardant l’échéancier des initiatives plus hardies sont favorisées. Ainsi, le microcrédit, par ses règles actuelles, serait plus adapté à financer de petites activités familiales que de véritables entreprises susceptibles de créer des emplois. Aujourd’hui  certaines institutions de microcrédit (dont la Grameen Bank,) ont discrètement abandonné le prêt solidaire. Elles continuent à demander à leurs clientes de se rencontrer chaque semaine, ces réunions créant des liens sociaux forts, facilitant l&#8217;entraide en cas de crise. Mais elles ne sanctionnent plus une cliente lorsqu&#8217;un membre du groupe ne rembourse pas. Si le microcrédit des dernières décennies était plutôt une sorte de une bouée de sauvetage qui a permis à une part croissante de la population de garder la tête hors de l’eau, le microcrédit de demain se modernise mais est encore en phase d’apprentissage: des organismes comme Accion aident les institutions de micro-finance à proposer à leurs meilleurs clients des produits individuels, adaptés au financement d&#8217;entreprises un peu plus importantes. D&#8217;autres groupes proposent des formations en comptabilité ou en gestion à leurs clients afin d’améliorer la qualité des entreprises. </p>
<p>La lutte contre la pauvreté doit s’effectuer à plusieurs niveaux : au niveau macroéconomique par des initiatives gouvernementales et plus localement à un niveau microéconomique. Il faut bien appréhender le microcrédit à l’échelle où il opère. A condition qu’il parvienne à s’adapter, le microcrédit a une place  prépondérante parmi les outils de la lutte contre la pauvreté et, devant le marché de l’ordre du milliard d’individus qui s’offre à lui, il a le potentiel de considérablement renforcer sa présence dans le paysage économique.</p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/xfp/3266272718/">(source de l&#8217;illustration)</a></p>
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		<title>Un virus sur le site, et un voyage en Chine</title>
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		<pubDate>Wed, 19 May 2010 22:06:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bulles de Savants</dc:creator>
				<category><![CDATA[Infos du site]]></category>

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		<description><![CDATA[<img align="left" src="http://www.bulles-de-savants.com/illustrations/icones/journal-ico.png" width="32" height="32" alt="" title="Infos du site" /><br/>Entre une attaque par un hacker et un voyage découverte et travail en Chine, l'actualité met du plomb dans l'aile pour notre laboratoire. Nous promettons un retour en force dès septembre !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img align="left" src="http://www.bulles-de-savants.com/illustrations/icones/journal-ico.png" width="32" height="32" alt="" title="Infos du site" /><br/><p>Bonjour à vous, lecteurs de Bulles de Savants. Cet éditorial vous annonce deux événements commençant par V. Un bon et un mauvais, tout d&#8217;abord le bon :</p>
<ul>
<li>
<h2>V comme voyage : Nous nous rendons en Chine pour trois mois</h2>
<p> Pao et Neptune prennent finalement le chemin de l&#8217;Empire du Milieu pour le (re)découvrir de l&#8217;intérieur. Pour Neptune, c&#8217;est une grande première, tandis que pour Pao, c&#8217;est déjà terres connues. Il nous sera cependant impossible de mettre en ligne facilement nos bulles pendant notre voyage, puisque la <a href="http://www.bulles-de-savants.com/econopolis/natiobulles/censurer-internet-un-combat-perdu-davance">censure massive d&#8217;Internet</a> empêche les Chinois (et les étrangers résidant en Chine) d&#8217;accéder à B2S&#8230; Probablement vous n&#8217;aurez plus de bulles pendant un certain temps, mais nous reviendrons !</li>
<li>
<h2>V comme virus : Bulles de Savants a été l&#8217;attaque d&#8217;un hacker</h2>
<p> c&#8217;est déplorable mais c&#8217;est ainsi ! Il nous a été possible de le supprimer, cependant cela peut suffire à ce que Google ou d&#8217;autres services nous envoient moins de visiteurs&#8230; Il est possible que d&#8217;autres attaques de hackers destabilisent le site en notre absence. Veuillez nous en excuser par avance. C&#8217;est le problème lorsqu&#8217;on opte pour des solutions de site clé en main type WordPress.</li>
</ul>
<p>Merci à vous tous et nous vous rapporterons plein de bulles de Chine !</p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/groovelock/3494926863/">(source de l&#8217;image)</a></p>
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		<title>Histoire du naufrage de la taxe carbone</title>
		<link>http://www.bulles-de-savants.com/bullosphere/bulle-de-courant/taxe-carbone</link>
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		<pubDate>Thu, 22 Apr 2010 14:36:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Professeur Neptune</dc:creator>
				<category><![CDATA[Energie]]></category>

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		<description><![CDATA[<img align="left" src="http://www.bulles-de-savants.com/illustrations/icones/eolienne-ico.png" width="32" height="32" alt="" title="Energie" /><br/>La taxe Carbone devait être l'outil fiscal lançant la Révolution Verte en France. Elle s'est vue dénaturée puis abandonnée par la classe politique. Retour en arrière historique, et présentation des atouts d'une taxe Carbone bien faite.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img align="left" src="http://www.bulles-de-savants.com/illustrations/icones/eolienne-ico.png" width="32" height="32" alt="" title="Energie" /><br/><p>Diviser nos émissions de CO2 par 4, limiter le réchauffement climatique à 2°, ces objectifs souvent cités dans la presse prônent une consommation parcimonieuse des hydrocarbures. La sobriété énergétique impose de créer des mécanismes nouveaux afin d’encourager les comportements vertueux et stimuler l’innovation. Par la signature du protocole de Kyoto, les décideurs politiques ont reconnu les risques liés au réchauffement climatique et fixés des objectifs en matière de réduction d’émissions de gaz à effets de serre. Ils ont ainsi déployé tout un arsenal de mesures contraignantes assorti d’un système de subventions. La prochaine étape vise à impliquer personnellement le citoyen dans cette lutte écologique. Il s’agit de lui offrir de la visibilité sur le coût réel de la pollution qu’il émet quotidiennement : soit directement au travers de ses rejets de CO2 lorsqu’il consomme des hydrocarbures, soit indirectement dans l’achat de produits qui ont nécessité de l’énergie carboné dans leur production et leur transport.</p>
<h2>Origines de la taxe Carbone</h2>
<p>Au début, le concept de la taxe Carbone dérivait de la « taxe Cambridge ». Le principe de cette taxe aux frontières était de taxer les émissions de carbone des produits importés. Mais dans un contexte de libéralisation des échanges et de libre concurrence, la taxe Cambridge fut assimilée à une mesure protectionniste difficilement défendable.</p>
<p>Puis l’idée prit une autre tournure : le concept plus évocateur de « taxe carbone »  vint se substituer à la « taxe Cambridge  ».  Le principe de ce nouvel outil était d’augmenter artificiellement le prix du carbone afin de freiner la consommation des hydrocarbures.</p>
<p>Pendant longtemps, les prix des hydrocarbures se sont basés sur les coûts d’extraction, de transport et de transaction, conséquence d’un marché concurrentiel. Ce n’est qu’en 1920, que l’économiste<strong> Arthur Pigou </strong>décide d’incorporer dans le calcul les <strong>externalités négatives</strong>, c’est-à-dire le coût des dommages engendrés par la pollution émise. Des taxes dites pigouviennes à l’image en France de la <strong>Taxe intérieure de consommation sur les produits pétroliers ou TIPP</strong> furent crées pour financer les programmes de luttes contre la pollution de l’air, la dégradation du bitume, ou les nuisances sonores.</p>
<h2>Les effets de la taxe dans le détail</h2>
<p>Les travaux d’organismes de recherches comme le CNRS ou le CIRED ont conduit à la mise au point d’une taxe carbone basée sur le principe de la substitution. En effet, puisque l’Etat augmente ses recettes par l’instauration d’une taxe carbone, il peut relâcher la pression fiscale par ailleurs en abaissant ou supprimant d’autres taxes et impôts, afin d’équilibrer ses comptes sans pénaliser le citoyen ni l’industrie. Dans le cas hypothétique où la vignette automobile existait encore, il s’agirait de la remplacer par la taxe carbone : la substitution d’une taxe fixe par une taxe variable fonction de la consommation inciterait à une forme de sobriété. Au final ce sont ceux qui polluent le plus qui seraient le plus affectés tandis que les consommateurs les plus modérés verraient plutôt un gain pour leur portefeuille.</p>
<p>Du côté des entreprises, c’est l’abaissement de charges sociales qui est le plus souvent évoqué pour compenser les effets de la taxe carbone : <strong>en allégeant la fiscalité sur le travail, on favorise les embauches, et en alourdissant la fiscalité sur les énergies polluantes, on pousse aux investissements vers une réduction de leur bilan carbone</strong>. En bref, on impulse une nouvelle dynamique économique, la très attendue « Révolution verte ». Cette substitution fiscale présente, en outre l’avantage de <strong>rendre l’emploi dans l’industrie moins sensible aux crises. Les industries verront le montant de leurs taxes diminuer avec leur production. </strong>Elles pourront ainsi conserver plus facilement qu’aujourd’hui une masse salariale moins taxée<strong>.</strong></p>
<p>Un troisième avantage mis en avant par les défenseurs de la taxe carbone est sa contribution à la diversité énergétique, et donc à <strong>l’indépendance énergétique des pays consommateurs face aux pays producteurs</strong>. De grosses puissances mondiales disposent de leurs propres ressources énergétiques : la Russie a du gaz naturel et du charbon en quantité, les Emirats ont encore de larges réserves de pétrole, et la Chine et les Etats-Unis possèdent eux aussi respectivement 100 et 200 ans de consommation énergétique mondiale en réserve  de charbon dans leurs sols. Nombreux sont les pays, notamment au sein de l’Union Européenne, qui ont tout intérêt à encourager le développement de nouvelles énergies afin de ne pas se retrouver dépendants d’autres nations.</p>
<p>Les nouvelles énergies qui sont déjà intégrées à notre mix énergétique coûtent largement plus chers que les hydrocarbures. Convertie en énergie, l’essence traditionnelle revient à 10 cts le kWh, à titre de comparaison un KWh de solaire revient à 60 ou 70 cts. On comprend alors que les énergies renouvelables ne se développeront que si l’on assiste à une augmentation significative des prix des matières premières dans les années à venir. La finalité de cette annonce n’est pas d’augmenter les recettes de l’Etat ou de diminuer le pouvoir d’achat du consommateur, mais de pousser à une consommation responsable, qui privilégie des solutions alternatives non polluantes. En créant cette taxe, l’Etat génère un besoin fort de la part des entreprises et des particuliers pour se tourner vers des technologies moins gourmandes en carbone, il crée donc les conditions favorables à l’émergence du marché des Green Techs.</p>
<p>Les rapports français de Marcel Boiteux, Alain Quinet et Michel Rocard ont tous défendu l’idée d’une taxe progressive, claire sur ses objectifs et fiable sur le long terme. Le dernier en date, le rapport Rocard, rebaptisant très ponctuellement la taxe Carbone « Contribution Climat-Energie », préconisa de commencer en 2010 avec une taxe carbone à 35€ la tonne, et de se fixer un objectif de 100€ la tonne en 2030. La recherche dans le domaine des énergies renouvelables sera d’autant plus stimulée que l’annonce d’augmenter le prix de l’énergie fossile est crédible. Elle constituerait une garantie suffisante pour les entreprises de bénéficier d’un large marché ce qui justifierait des investissements massifs.</p>
<h2>Une application politique chaotique</h2>
<p>Jean-Louis Borloo et Michel Rocard avaient hérité du Grenelle Environnement la tâche de déterminer les modalités d’applications de ce futur outil fiscal si prometteur. Des scientifiques et des économistes furent largement consultés. Puis un livre blanc parut. Suite à cela, les commentaires des professionnels du secteur de l’énergie et des industriels furent analysés. Enfin, une grande conférence fut organisée en juillet 2009. Les experts mandatés sur ce dossier s’exprimaient avec enthousiasme ; le ministre de l’Environnement annonça que la taxe carbone serait mise en place dans la loi de budget dès 2010.</p>
<p>Il restait pourtant à ce stade de nombreuses inconnues à lever :</p>
<ul>
<li>Comment faire pour que la taxe ne pèse pas sur les ménages ?</li>
<li>Faut-il taxer les industriels déjà contraints par le mécanisme de quotas d’émissions de CO2 du protocole de Kyoto ?</li>
<li>Faut-il homogénéiser l’ensemble du système fiscal : taxe carbone et  taxes existantes (comme la TIPP), pour que les énergies soient taxées uniquement selon leurs émissions de carbone ou bien ajouter simplement la nouvelle taxe en cumul de celles déjà en place ?</li>
<li>Et bien sûr, la question la plus importante : faut-il taxer l’électricité ? L’électricité n’est qu’une énergie secondaire, c’est-à-dire qu’elle doit être produite par une autre énergie avant d’être consommée. En France, 10% de l’électricité est produite par des hydrocarbures (centrales à fioul, gaz, charbon).</li>
</ul>
<p>Cette dernière question a particulièrement fait débat car, en France, l’électricité est réputée être bon marché. Le faible prix relatif du courant électrique s’explique par un parc nucléaire amorti quoique vieillissant et par des politiques de maintien des prix à des niveau bas afin de s’assurer du soutien de l’opinion publique sur les questions de la production nucléaire. Pour autant, une taxe carbone qui ne serait que sur le chauffage au gaz et au fioul pose quelques problèmes : si tous les Français se chauffant aux hydrocarbures optaient pour le chauffage électrique, la production électrique serait augmentée d’au moins 172TWh (donnée DGEMP 2003) soit 35% de plus que notre consommation actuelle estimée à 482TWh (RTE 2005). Il serait alors nécessaire de clarifier cette politique en accompagnant la taxe carbone d’un plan d’investissement dans les productions d’électricité d’origine renouvelable, par exemple les énergies décentralisées (essentiellement des panneaux solaires).</p>
<p>Pendant les mois d’août à octobre, les réponses à ces questions furent progressivement communiquées :</p>
<ul>
<li>La redistribution aux ménages s’effectuerait par un chèque vert, dont le montant serait variable suivant la zone d’habitation (campagne ou ville)</li>
<li>Les industriels soumis aux quotas européens de CO2 seraient exonérés de taxe carbone</li>
<li>Pour que la facture soit encore plus progressive pour les routiers, le gouvernement leur a proposé la suppression de la TIPP sur 4 ans. A terme, la TIPP, taxe fixe, aurait ainsi été remplacée par la taxe carbone, taxe conçue pour être augmentée. Dans le même temps, les pêcheurs seraient exonérés de taxe carbone</li>
<li>L’électricité en France étant d’origine nucléaire (pour les trois quarts, mais ce détail n’a pas tant retenu l’attention du gouvernement), elle ne serait pas taxée</li>
</ul>
<p>C’est ainsi que la « Contribution Climat Energie » ou CCE fut mise sur les rails de la loi de budget 2010.</p>
<h2>Des critiques en cascade</h2>
<p>Lorsque la CCE sort du débat d’experts et s’ouvre aux médias, en juillet 2009, les journaux parlent de « taxe carbone » et l’opinion ne réagit pas comme prévu. Pas d’exaltation pour une fiscalité verte, pas de soutien citoyen au principe de responsabilisation « pollueur payeur ». Pourquoi donc ?</p>
<p>Si l’on regarde du côté des contribuables</p>
<ul>
<li><strong>Il y a toujours quelqu’un qui pollue plus que soi</strong>, donc chacun est tenté de dire « lui d’abord, moi je consomme peu en comparaison ». Derrière cet argument, il y a la crainte que les grands pollueurs ne passent pas à la caisse, et que ce soit la classe moyenne qui demeure la seule à supporter la taxe. Les principales entreprises étant exonérées, et les ménages aisés ne  constatant pas vraiment de changement dans leur pouvoir d’achat (étant donné son caractère négligeable dans leur budget), cette critique n’était pas sans fondement.</li>
<li><strong>La rétribution demandait plus de profondeur pour être égalitaire</strong> : elle touchait de manière lourde les consommateurs spécifiques de fioul ou de gaz naturel pour le chauffage. Ainsi, le fait que l’électricité ne soit pas taxée, et que le gaz augmentait de 15% (pour une taxe à 34€ la tonne) créait une distorsion de concurrence en faveur du chauffage électrique. Or, tant que le renouvelable constitue une part faible de notre mix énergétique, le caractère écologique d’une substitution du chauffage par hydrocarbure au chauffage électrique reste à démontrer. Par ailleurs, une mesure plus simple, de type baisse des impôts locaux en fonction de la disponibilité des transports en commun, aurait pu être plus adaptée plutôt que le « chèque vert » dont l’appellation fut aussi floue que douteuse (à quoi allait-il être utilisable ? Sous quelles conditions ?).</li>
<li><strong>Le concept même de la « taxe » signifie pour le contribuable une réduction de son pouvoir d’achat</strong>. Les promesses de compensation sont soumises à caution étant donné le manque de confiance des Français dans leur classe politique. Ainsi, cette mesure écologique a été vue comme une manière de renflouer les caisses de l’Etat, façon « greenwashing ».</li>
</ul>
<p>Et du côté des entreprises :</p>
<ul>
<li>La taxe carbone est une mesure macroscopique. <strong>En poussant à la mutation rapide des entreprises, on se heurte à des différences d’adaptabilité au niveau microscopique</strong> : certaines entreprises sont trop rigides, n’ont pas les fonds ou ne disposent pas de la technologie, pour effectuer cette révolution. Elles seraient donc appelées à disparaître aux horizons de 2030 au profit d’entreprises plus adaptées au monde du développement durable. Si à l’échelle du pays, on pollue moins, il y aurait probablement eu un profond bouleversement entrainant la faillite de nombreuses d’entreprises, et la création d’autant de nouvelles plus adaptées à un monde sobre en carbone. Certains produits auraient été plus chers, et d’autres moins. Fondamentalement, les modes de consommation auraient été, à terme, largement différents de ceux d’aujourd’hui.</li>
<li>Les journaux ont rabâché les critiques du MEDEF sur la perte de compétitivité des entreprises. On estime que les entreprises françaises, soumises à une taxe sur la production qui n’existe pas ailleurs dans le monde (en tout cas en Chine et aux Etats-Unis), auraient été discriminées sur le marché international. C’est un argument très simpliste. En effet, le président Sarkozy a supprimé la taxe professionnelle… en compensation de la taxe carbone ? Il n’en a jamais été question. Pourtant, il s’agit d’un cadeau de 28 milliards d’euros aux entreprises françaises pour « garder des usines en France ». Or, dans le même temps, l’application de la taxe carbone à 34€ la tonne coûterait 4,4 milliards d’euros par an aux entreprises soumises aux quotas de CO2. D’un autre côté, l’Etat a annoncé la création de nouvelles contributions locales fixes et non basées sur les investissements pour compenser 20 milliards sur les 28 manquants. La fiscalité sur le carbone, on l’a vu, dépend directement de la production : cet outil était donc plus flexible que des taxes de types foncières. Donc oui, le gouvernement ne devait pas oublier que <strong>la taxe carbone, pour être efficace, devait être une substitution fiscale, et non simplement une taxe supplémentaire</strong>.</li>
</ul>
<p>En plus de ces problèmes, il y a eu une cacophonie d’annonces : entre ce que déclaraient Jean-Louis Borloo (annonçant un chèque vert et une application pour 2010), Michel Rocard (annonçant une électricité taxée), Christine Lagarde et François Fillon (annonçant une taxe à 14€), Eric Woerth (annonçant la taxe pour 2011), et finalement Nicolas Sarkozy (tranchant en déclarant 17€ la tonne pour 2010). Cela ressemble fort à une stratégie politique de sondage de l’opinion publique : on teste plusieurs annonces successives avant que le président ne tranche en faveur de celle qui est la plus populaire. Cette tactique a causé beaucoup de tort au projet de loi en faisant monter successivement l’ensemble des catégories professionnelles aux créneaux. Ainsi, alors que Michel Rocard avait déjà opté pour le prix le plus bas ayant un impact significatif – 34€ la tonne pour commencer – Nicolas Sarkozy a du vendre une taxe à moitié prix, afin de calmer les violentes réactions. Pourtant, dans les premiers temps le prix de 34€ n’aurait pas représenté une surcharge réellement significative dans le budget des ménages car elle s’assortissait d’une compensation large pour les familles à faibles revenus.</p>
<h2>La mort de la taxe</h2>
<p>Trop peu ambitieuse pour les écologistes, socialement inégale pour la Gauche, dégradant la compétitivité des entreprises pour la Droite, la taxe Carbone qui avait été conçue initialement pour obtenir l’adhésion de l’ensemble des partis politiques ne plaît finalement à personne. En raison d’un manque d’explications et de la dénaturation de la taxe par la classe politique, l’outil développé par des spécialistes échoue dans le subtil exercice de l’application dans la loi française. Dans les années 1970, des ingénieurs et politiques avait réussi à imposer le développement du nucléaire, cependant ce même système n’a pas été capable de convaincre les citoyens en 2009.</p>
<p>La taxe fut attaquée en deux temps. Tout d’abord, le Conseil Constitutionnel siffla la suspension de la taxe. La loi fut accusée d’être inconstitutionnelle car elle ne correspondait pas à un principe d’égalité au vu des multiples exonérations qu’elle contenait. Le total des émissions non soumises à la taxe dépassaient la moitié des émissions nationales, ce qui était trop pour le Conseil Constitutionnel. Les partisans de la taxe Carbone ne nièrent pas l’argument, mais critiquèrent le blocage de la loi, qui entraînerait un délai estimé de 6 mois à la mise en place de la taxe. Ce revers politique du président de la République fit la une des médias, des colonnes entières furent la cible des détracteurs de la taxe qui purent alors étaler largement leurs arguments. Sans soutien politique, le gouvernement se lança dans l’exercice difficile de trouver des solutions qui feraient taire les attaques sans en susciter de nouvelles. Ainsi émergèrent des idées impossibles à mettre en œuvre, comme la création d’une taxe variable suivant le « caractère vertueux » d’une entreprise, ou la requête auprès de Bruxelles de mettre fin prématurément à l’attribution gratuite des quotas de CO2.</p>
<p>Finalement, au lendemain des élections régionales où l’UMP essuya une sévère défaite, la taxe carbone fut enterrée. Le président invoqua un éclair soudain de bon sens : cette taxe n’aurait, selon ses dires, de sens qu’à l’échelle de l’Union Européenne. Il se déclara largement favorable à une taxe Cambridge aux frontières, ce qui mit fin aux ambitions nationales jusqu’à nouvel ordre.</p>
<h2>Ça fonctionne pourtant ailleurs</h2>
<p>L’ensemble des arguments parlant d’un manque de compétitivité et de la nécessité de faire une taxe au niveau européen est une vision franco-française de cette réforme. Ce qui est nouveau en France ne l’est pas au niveau européen.</p>
<blockquote><p><strong>La Suède, laboratoire mondial de la taxe Carbone</strong></p>
<p>Souvent citée dans les études gouvernementales et oubliée par la presse et dans les déclarations publiques, la Suède fait pourtant office de modèle en matière de fiscalité verte.  Dès 1990,  elle instaura une taxe carbone pour un montant fixé à l’époque à 27€ la tonne. Ce montant a progressivement été augmenté ces vingt dernières années jusqu’à atteindre aujourd’hui 108€ la tonne, soit plus que l’objectif français fixé pour 2030.</p>
<p>Cette taxe sert principalement aux émissions dites diffuses, c&#8217;est-à-dire celles qui proviennent des petits centres de consommations (voitures, cuisson et chauffage des commerces et des particuliers, …) puisque les industriels suédois ne supportent qu’une taxe moitié moins élevée. Le pays a-t-il perdu pour autant de sa compétitivité ? Selon Susanne Akerfeldt, conseillère du ministère des finances suédois, <em>« plusieurs études ont montré qu&#8217;entre 1990 et 2007, les émissions de CO</em><em>2 ont diminué de 9 % tandis que la Suède connaissait une croissance économique de 48 % ».</em> La taxe sur les combustibles fossiles a permis le déploiement de la biomasse : 70% des Suédois se chauffaient au bois et combustibles renouvelables en 2007 contre 24% en 1990. Les voitures qui ont été vendues sur le marché au premier semestre 2008 furent à 60% hybrides, au gaz (GPL ou GNV) voire à l’éthanol.</p>
<p>Les Suédois ne sont pourtant pas par nature des modèles de sobriété : ils sont connus pour leur forte consommation d’électricité (17MWh par an par personne contre 8MWh en France). La taxe carbone ne pèse pas sur les producteurs d’électricité, mais ce pays, avec son large parc hydraulique possède une production décarbonnée à 90% comme en France.</p>
<p>La Suède n’a effectué aucune redistribution directe du produit de sa taxe carbone. Elle a cependant subventionné largement les énergies renouvelables. Le gouvernement suédois a émis un retour d’expérience à l’attention des autres pays en déclarant que l’augmentation de la taxe carbone devait être progressive, respecter les annonces, et être utilisée pour fournir des aides aux secteurs qui auraient le plus de difficultés à effectuer leur mutation. Ces conseils sont a contrario du système français qui imaginait déployer non pas des aides mais des exonérations pour les secteurs fortement touchés. Avec le système de versement d’aides, le caractère vertueux de la taxe Carbone qui incite à la faible consommation est préservé.</p></blockquote>
<p>On peut voir de nombreux autres exemples à travers le monde.</p>
<ul>
<li>En Suisse, la taxe carbone s’établit comme en Suède à 108€ la tonne. Elle      sert d’enveloppe de subventions pour des projets de réduction d’émission.</li>
<li>Le Danemark et la Finlande ont aussi déployé la taxe dès les années 1990,      mais ont conservé un prix faible de 20€ la tonne.</li>
<li>Avec sa <em>Climate Change Levy qui </em>s’applique uniquement aux professionnels, l’Angleterre taxe l’énergie consommée afin de pousser à la sobriété énergétique. Dans les débats parlementaires, on      réclame parfois son remplacement par une <em>Carbon Levy, </em>directement basée sur les émissions de CO2 et non      le kWh brûlé.</li>
</ul>
<p>On constate donc que la taxe Carbone intéresse beaucoup d’Etats par ses effets positifs sur l’économie.</p>
<h2>On attend… 2013 ?</h2>
<p>Si l’argument de la taxe carbone européenne est pertinent car il est toujours mieux d’homogénéiser les pratiques pour être plus puissants sur la scène internationale, il ne justifie pas la suppression du projet de loi en France. Ce naufrage est délibéré et politique. Il est faux de croire que la taxe Carbone est une idée trop théorique, manquant de maturité, car elle existe avec succès dans certains pays depuis près de 20 ans.</p>
<p>Avec la mise en attente d’une taxe européenne, la France revient au seul système des quotas d’émissions développé dans les années 1990. Elle attend la prochaine phase en 2013 où ces quotas ne seront plus distribués gratuitement. Cependant, aucune incitation n’est prévue pour réduire les émissions diffuses, qui représentent environ 25% des rejets de CO2 français actuellement. En s’opposant à la taxe carbone, les citoyens semblent vouloir laisser la responsabilité et le coût de la lutte contre le réchauffement climatique aux gros industriels et à l’Etat. Or, dans une étude de l’IFOP de 2007, ils déclaraient précisément faire peu confiance à l’Etat (à 26%) et aux entreprises (à 19%) pour diminuer leurs émissions de CO2. La crise de confiance entre le peuple et le système politico-économique qui le gouverne risque fort de geler d’autres initiatives de ce type.</p>
<p>La taxe carbone a le potentiel de dynamiser l’économie française. Mais ce dynamisme passe par une responsabilisation du consommateur. Le message n’est pas de perdre du niveau de vie, mais de consommer mieux. La taxe carbone a été construite dans ce sens, mais elle a donné lieu à de nombreux quiproquos et manipulations démagogiques. Telle qu’elle a été présentée aux français, il s’agissait d’une mesure politique qui n’était pas en accord avec les recommandations des spécialistes. Un nouveau projet de loi pour la « Contribution Climat Energie », en adéquation avec l’esprit de croissance et de modernité fiscale dans laquelle elle avait été mise au point au premier abord, est largement préférable plutôt qu’un enterrement pour satisfaire théoriquement une opinion publique après un désastre électoral.  Dans un contexte international où les négociations post Copenhague avancent lentement, il est important que les pays maintiennent leurs ambitions nationales, et que le modèle de la Suède nous convainc qu’une taxe carbone intelligente est dans l’intérêt de tous.</p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/moo_sa/399023790/" target=_blank>(Source de l&#8217;illustration)</a></p>
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		<title>Quand la voiture électrique alimente les besoins énergétiques de l’habitat</title>
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		<pubDate>Tue, 20 Apr 2010 08:10:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Professeur Pao</dc:creator>
				<category><![CDATA[Revue de presse]]></category>

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		<description><![CDATA[<img align="left" src="http://www.bulles-de-savants.com/illustrations/icones/journal-ico.png" width="32" height="32" alt="" title="Revue de presse" /><br/>Le V2H est un concept qui s’inscrit dans la réflexion sur les moyens de promotion du véhicule électrique. La voiture électrique peut connecter sa batterie au système de l’habitat pour fournir de l’énergie en période où l’électricité est chère et au contenu carbone élevé et se recharger sur le réseau en période creuse.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img align="left" src="http://www.bulles-de-savants.com/illustrations/icones/journal-ico.png" width="32" height="32" alt="" title="Revue de presse" /><br/><p>Le V2H est un concept qui s’inscrit dans la réflexion sur les moyens de promotion du véhicule électrique. La voiture électrique peut connecter sa batterie au système de l’habitat pour fournir de l’énergie en période où l’électricité est chère et au contenu carbone élevé et se recharger sur le réseau en période creuse. <a href="http://energie.sia-conseil.com/20100419-quand-la-voiture-electrique-alimente-les-besoins-energetiques-de-lhabitat/" target=_blank>Lire l&#8217;article sur le blog énergie de Sia Conseil</a></p>
<blockquote><p>Le sommet de Copenhague de décembre 2009 fut l’occasion de rappeler que le coût environnemental du niveau de confort et de mobilité que nous avons acquis est lourd. Dans l’Union des 27, l’industrie de l’énergie et le transport sont responsables de respectivement 32% et 19.5% des émissions de CO2 de la zone. Afin de réduire notre contribution au réchauffement climatique, il est essentiel de limiter la part des hydrocarbures dans notre mix énergétique en développant le véhicule électrique et en tirant profit à tout moment du potentiel électrique offert par les sources d’énergie non émettrice de CO2. Il existe un ingénieux système conçu pour réaliser ces deux objectifs à la fois : le V2H ou Vehicle-to-Home. <a href="http://energie.sia-conseil.com/20100419-quand-la-voiture-electrique-alimente-les-besoins-energetiques-de-lhabitat/" target=_blank>Lire la suite sur le blog énergie de Sia Conseil</a></p></blockquote>
<p>(<a href="http://www.flickr.com/photos/theross/862549446/" target=_blank>Source de l&#8217;image</a>)</p>
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